A3 ?
A3?
A3 c’est une galerie faites de bric et de broc, c’est la porte blanche d’un appartement blanc qui contient un mur blanc.
Un mur blanc ou afficher ce que j’aime ou crois aimer. Un mur ou accrocher des souvenirs, de la musique et du temps qui passe.
A3 c’est une page blanche pour remédier à l’expression de quelque chose qui a été écrit, mal, dans la crainte, avec un amour sans norme à donner mais retenu par une chaîne enfouie dans chaque recoin de mon esprit.
A 3 c’est l’espoir de ne plus jamais être celui-là. A3 c’est la concrétisation tardive d’une chose que j’aurais dû être mais que je n’ai jamais eu le courage de devenir.
A3 c’est un tableau à peindre, un tableau pour réparer, un tableau que je pourrais rater par la crainte d’être moi-même. Un tableau qui voudrait voir la personne qui se cache derrière celle qui se déguisait pour survivre, fondu dans la masse, adapté, dans la norme.
Une personne qui n’est pas moi, qui n’a pas mes défauts mais qui ne peut pas se résoudre à accepter de ne pas exister. Se résoudre à accepter que son jeu de caméléon ne soit qu’un voile, sombre, jeté à la face d’une personne qui a préféré une cachette au soleil.
Ce mur est là pour me rappeler d’où je viens, me rappeler toutes ces années perdues pour éviter de vivre, de me dévoiler. Pas moi, pas moi, ce n’est pas moi. Moi comme ça ? Jamais ça !
L’envie de quitter la cachette, la crainte d’en sortir. L’envie de mourir, la rage de vivre. L’admiration de l’autre, le désamour de soi. Sentiments mêlés, indissociables, enchevêtrés. A3 pour les démêler.
Une mission, un pari, un rappel pour ne jamais oublier que pour surmonter il faut oser affronter les mots, les sentiments, les crises dans le ventre. Se souvenir ce que sortir peut te faire grandir. Accepter de voir son regard admirer, aimer. Accepter qu’elle puisse te voir comme quelqu’un. Pas juste le dire, le penser, l’intégrer.
A3 c’est celui qui se cache derrière…
ILY